Le mur invisible de Marlen Haushofer est un livre qui attendait depuis un moment dans ma PAL. J’avais découvert son adaptation cinématographique en 2012, réalisée par Julian Roman Pölsler, sans savoir qu’il s’agissait d’un roman. Ce film m’avait bouleversée, au point de me faire pleurer comme une madeleine. Ce n’est qu’en 2020, grâce à Diglee, que j’ai appris que cette histoire marquante était en réalité à l’origine un roman Le mur invisible. Depuis, le livre patientait sur mes étagères… jusqu’à cette année où j’ai enfin décidé de le lire. Dans cet article, je vous partage mon avis sur Le mur invisible de Marlen Haushofer : un roman à la fois troublant, profond et inoubliable.

Le mur invisible, Marlen Haushofer – Résumé
“Voici le roman le plus célèbre et le plus émouvant de Marlen Haushofer, journal de bord d’une femme ordinaire, confrontée à une expérience – limite. Après une catastrophe planétaire, l’héroïne se retrouve seule dans un chalet en pleine forêt autrichienne, séparée du reste du monde par un mur invisible au-delà duquel toute vie semble s’être pétrifiée durant la nuit. Tel un moderne Robinson, elle organise sa survie en compagnie de quelques animaux familiers, prend en main son destin dans un combat quotidien contre la forêt, les intempéries et la maladie. Et ce qui aurait pu être un simple exercice de style sur un thème à la mode prend dès lors la dimension d’une aventure bouleversante où le labeur, la solitude et la peur constituent les conditions de l’expérience humaine.”
Thématiques abordées
Le mur invisible, Marlen Haushofer – Mon avis
Ce que j’ai aimé
- Ce livre est parfait pour les lecteurs qui, comme moi, aiment se glisser dans l’intimité des personnages à travers les journaux intimes ou les autobiographies. Ici, il s’agit du témoignage d’une femme dont on ne connaîtra jamais le nom, et qui raconte l’histoire terrifiante qu’elle vit au moment même où nous la lisons.
- L’intrigue est d’abord très originale, surtout pour l’époque. Rappelons que le roman a été écrit dans les années 1960, dans un contexte d’après-guerre. Marlen Haushofer imagine un scénario à la fois simple et terrifiant. Dès les premières pages, la protagoniste part en balade en forêt, se cogne contre un mur invisible et se retrouve seule coupée du reste du monde. D’ailleurs, le reste du monde semble mort, anéanti par ce mur tombé telle une arme de guerre. Ce mur devient la porte de sa prison pour les années à venir, l’enfermant dans une vaste cellule : la forêt. Elle devra compter uniquement sur elle-même et sur les animaux qui l’entourent pour assurer sa survie.
- Tout au long du récit, elle partage son organisation quotidienne, ses réflexions sur la vie, la condition des femmes, le lien d’attachement à la nature et aux animaux, la solitude, ses petits bonheurs mais aussi ses deuils. Elle s’interroge sans cesse sur le sens de la vie dans cette situation extrême : doit-elle continuer à se battre ou mettre fin à ses jours ? À quoi bon survivre, sans savoir si une issue heureuse existe ? Son corps et son esprit cèdent parfois, mais son lien avec les animaux lui donne la force de continuer … plus pour eux que pour elle.
- Sans rien divulgâcher, l’autrice nous glisse dès le début une partie de la fin. Tout au long de ma lecture, j’ai été happée par un tsunamie d’émotions, entre tristesse et angoisse. J’ai refermé ce livre bouleversée, en larmes, et les jours suivants, l’émotion était encore vive. Un roman marquant, qui ne s’oublie pas.
Ce que j’ai moins aimé
- Si vous êtes de nature anxieuse, ce livre n’est peut-être pas pour vous. Mieux vaut le lire à un moment où vous êtes dans une bonne période émotionnelle.
- Le récit comporte aussi quelques longueurs qui risquent de décourager certains lecteurs. Après tout, les journées de la protagoniste finissent par se ressembler, et cette monotonie peut peser.
Le mur invisible, Marlen Haushofer – Une citation
Aujourd’hui cinq novembre je commence mon récit. Je noterai tout, aussi exactement que possible. Pourtant je ne sais même pas si aujourd’hui est bien le cinq novembre. Au cours de l’hiver dernier quelques jours m’ont échappé. Je ne pourrais pas dire non plus quel jour de la semaine c’est. Mais je pense que cela n’a pas beaucoup d’importance.
Ma note
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