Voici mon avis sur Diables blancs de James Robert Baker, un auteur que je ne connaissais absolument avant cette lecture et je dois reconnaître que j’ai été agréablement surprise par son style : un rythme efficace, une histoire complètement décalée et une satire qui mélange humour noir, excès et désespoir. Et puis faut dire que je suis rarement décue des publications de Monsieur Toussaint !
Verdict ? Une lecture originale, drôle et dérangeante qui m’a donné envie de découvrir davantage l’univers de James Robert Baker. Et surtout, une de ces lectures où la dernière information sur l’auteur donne une toute autre dimension au roman…

Diables blancs de James Robert Baker – Résumé
Après avoir signé un best-seller avec un retentissant true crime, Tom Dunbar a disparu des radars. Son ambitieux second livre a fait un flop. Alors que les droits d’auteur commencent à se tarir, le restaurant imaginé par sa femme, la sublime et vénéneuse Beth, les précipite dans un gouffre financier. Ils vont tout perdre, jusqu’à leur maison avec vue sur l’océan, dans l’un des coins les plus privilégiés de Los Angeles. La situation est critique : hors de question pour Tom de renoncer à l’écriture et, pour Beth, de s’exiler dans un quartier de seconde zone. Heureusement, elle a un plan : soutirer de l’argent à son père, Bud Sturges, auteur à succès. Mais quand le richissime écrivain refuse, une idée sombre et dérangeante commence à s’insinuer dans les esprits survoltés de Beth et Tom…. Avec une voix unique, pareille à un cri de rage désespéré, James Robert Baker (1946-1997), mis au ban de la profession après la publication d’un roman jugé trop subversif, livre avec Diables blancs, resté inédit jusqu’ici, un récit démoniaque où l’on sombre dans un maelström de folie et d’aveuglement. Oeuvre brillante dans sa forme, corrosive par le fond, aussi noire qu’hilarante, cette satire fulgurante d’une élite de parvenus révèle, sous le vernis de l’intellectualisme, une abjection sans limite.
Thématiques abordées
Ce que j’ai aimé dans Diables blancs de James Robert Baker
Une satire noire aussi drôle que dérangeante
Ce qui m’a immédiatement séduite dans Diables blancs, c’est son ton. James Robert Baker propose une histoire qui oscille constamment entre humour et malaise. L’auteur utilise l’exagération et l’absurde pour dresser le portrait de personnages complètement perdus, guidés par leurs obsessions et leurs addictions. Derrière la satire, le roman parle finalement de sujets très humains : la recherche d’argent, la fuite en avant, les dépendances et l’incapacité à sortir de certains schémas destructeurs.
Une construction narrative en sept cassettes
L’histoire nous est racontée à travers sept cassettes enregistrées par le personnage principal. Le personnage parle comme il pense, entre deux verres, entre deux consommations, entre deux moments d’angoisse. D’ailleurs, je pense que l’écoute de ce livre est peut être plus adaptée que sa lecture avec les bonnes voix. Et je suis très étonnée qu’aucune adaptation en série ne soit pas encore faite !
Une dernière information qui change complètement la lecture
L’un des éléments qui m’a le plus marquée arrive après la fin du roman : une biographie de James Robert Baker est proposée au lecteur et une information donne une véritable claque. Sans dévoiler les détails, on découvre que l’auteur est décédé d’une manière qui fait étrangement écho à certains événements vécus par ses propres personnages. Après avoir refermé le livre, impossible de ne pas repenser différemment à ce que l’on vient de lire. Cette découverte apporte une dimension presque troublante au roman.
Un magnifique livre objet
Pour les lecteurs qui aiment autant le contenu que l’objet livre, Diables blancs est une nouvelle réussite des éditions Monsieur Toussaint Louverture. La couverture est tout simplement magnifique. Elle met en scène Beth, l’un des personnages profondément torturés du roman.
Ce que j’ai moins aimé dans Diables blancs de James Robert Baker
Un roman qui ne conviendra pas à tous les lecteurs
Même si j’ai beaucoup apprécié cette lecture, je comprends parfaitement qu’elle puisse déranger. Le roman aborde des thèmes difficiles : la dépendance aux substances, l’alcool, les troubles psychiques, l’argent, les relations familiales toxiques, l’inceste. Derrière l’aspect satirique, il y a beaucoup de noirceur. Certains lecteurs pourraient être rebutés par cette accumulation de sujets difficiles.
Un rythme parfois ralenti par des longueurs narratives
Même si j’ai adoré la construction originale en sept cassettes de Diables blancs, ce choix narratif a aussi son revers. Le narrateur multiplie régulièrement les digressions, les anecdotes et les détours avant de revenir à l’histoire principale. Je comprends l’intention de l’auteur : ces parenthèses donnent davantage de profondeur au personnage principal et renforcent cette impression d’écouter un homme se livrer sans filtre. Mais en tant que lectrice, j’ai parfois ressenti une certaine frustration et je me suis plusieurs fois retrouvée à penser : « Mais tais-toi, termine ton histoire, je veux connaître la chute ! »
Faut-il lire Diables blancs de James Robert Baker ?
Oui, si vous aimez les romans atypiques qui sortent des sentiers battus, Diables blancs n’est pas un simple thriller. C’est un roman noir satirique, une descente aux enfers racontée avec beaucoup d’humour et une construction narrative réussie.
Une citation
Pour la première fois depuis des mois, des années même, mon esprit est clair. Je vois le livre que je vais écrire, ce chef-d’œuvre de true crime, stupéfiant ; je vois les livres qui vont suivre, une série de romans littéraires étourdissants. J’accepte l’amoralité de ce que nous nous apprêtons à faire. Si je ressens de la culpabilité plus tard, ce sera mon moteur secret : l’excellence de mon œuvre pour seule expiation possible. Après tout, est-ce que l’art n’est pas au-dessus de la morale ? Cite-moi un seul génie qui ait été un mec bien.
Mon avis sur Diables blancs de James Robert Baker – Ma note
Si vous avez aimé Diables blancs de James Robert Baker, vous aimerez peut-être aussi
Ce livre est un thriller intelligent et satirique qui n’a rien n’a voir avec les thrillers domestiques que je lis habituellement.
Je vous recommande d’ailleurs de garder un œil sur les éditions Monsieur Toussaint Louverture qui proposent régulièrement de redécouvrir des auteurs américains encore trop peu connus des lecteurs francophones comme : The Westing game de Ellen Raskin et tous les livres Michael McDowell avec Lune froide sur Babylon.

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