Le consentement de Vanessa Springora est un livre autobiographique difficile, dérangeant, mais nécessaire. L’autrice y raconte l’emprise subie adolescente face à un pédophile connu, reconnu, protégé par son statut d’écrivain et par tout un milieu intellectuel complaisant. Ce n’est pas seulement l’histoire d’une adolescente de 14 ans face à un prédateur, c’est aussi celle d’une société qui a fermé les yeux, minimisé, rationalisé, parfois même admiré.
Verdict? Pendant cette lecture, j’ai oscillé entre colère froide et véritable malaise physique. Un texte qui ne cherche ni le sensationnalisme ni la vengeance, mais qui démonte avec précision les mécanismes de l’emprise et du silence.

Le consentement de Vanessa Springora – Résumé
“Séduite à l’âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l’emprise qui fut exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit les dérives d’une époque et d’un microcosme littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.”
Thématiques abordées
Le consentement de Vanessa Springora – Ce que j’ai aimé
Un témoignage bouleversant et courageux
Vanessa Springora écrit sans pathos inutile. Son texte est précis, lucide, presque clinique par moments. C’est justement cette retenue qui rend la lecture si violente : rien n’est exagéré, tout est factuel, implacable. Lire Le consentement, c’est comprendre de l’intérieur comment une adolescente peut être progressivement dépossédée de sa volonté.
Une analyse fine de l’emprise
L’un des grands mérites du livre est de décortiquer les mécanismes psychologiques à l’œuvre : fascination, domination intellectuelle, inversion de la culpabilité. On comprend comment un homme, protégé par son aura artistique, parvient à transformer une agression en relation prétendument consentie.
Un regard glaçant sur une époque pas si lointaine
Ce livre est aussi un témoignage historique. Il montre une époque où certains discours étaient tolérés, voire valorisés, sous couvert de liberté artistique. Une époque où l’on pouvait afficher son attirance pour les enfants sans être immédiatement remis en question. Et c’est sans doute l’un des aspects les plus dérangeants du livre.
Le consentement de Vanessa Springora – Ce que j’ai moins aimé (ou plutôt, ce qui est difficile)
Une lecture éprouvante
Ce n’est pas un livre que l’on lit facilement. Certaines pages provoquent un profond malaise, parfois une véritable nausée. Ce n’est pas une critique négative du texte, mais un avertissement : Le consentement demande une disponibilité émotionnelle.
Une colère qui ne retombe pas
La lecture laisse une impression durable de colère. Pas seulement envers l’agresseur, mais envers tous ceux qui ont su, vu, entendu… et n’ont rien fait. C’est un livre qui ne se referme pas facilement une fois terminé.
Le consentement de Vanessa Springora – Une citation
Depuis tant d’années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence: prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre.
Ma note
À regarder aussi
Je recommande vivement de compléter cette lecture par l’écoute ou le visionnage de certaines interviews de Gabriel Matzneff. Elles permettent de mieux comprendre le personnage, mais surtout les réactions, aujourd’hui sidérantes, des adultes qui l’entouraient. Des discours honteux, qui semblent dater d’un autre temps, et pourtant pas si lointain.
Par exemple, voici une entrevue honteuse menée par Bernard Pivot. Heureusement que Denise Bombardier était là pour relever le niveau !
Je crois que ce qui me choque le plus, c’est l’attitude de Bernard Pivot qui ne comprend pas qu’il fait face à un criminel. Une époque où les hommes artistes (dans le monde littéraire, mais pas que) se considéraient supérieurs aux lois et à la morale.
À lire aussi
Pour lire plus sur ce sujet, référez-vous à la liste des livres traitants de VSS sur ce blog.
“La littérature ne peut pas servir d’alibi, il y a des limites même à la littérature”, Denise Bombardier (1990).

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