Voici mon avis sur Libres d’obéir la BD de Johann Chapoutot et Philippe Girard, une BD à la couverture provocatrice, avec un sujet qui m’a immédiatement interpellée. C’était aussi l’occasion de découvrir la pensée de Johann Chapoutot… sans avoir à me plonger dans un essai potentiellement imbuvable. Sur le papier, tout était réuni pour me plaire.
Verdict ? Une énorme déception. Cette BD est, selon moi, un chaos visuel qui ne vulgarise absolument rien.

Libres d’obéir la BD de Johann Chapoutot et Philippe Girard – Résumé
Florence, cadre chez Appal, une entreprise high-tech, se sent submergée par un management aux allures détendues, mais qui dissimule une pression écrasante. Rongée par le stress, elle se confie à une amie, rescapée d’un burn-out, qui lui met entre les mains un livre troublant : Libres d’obéir…. Dans cette adaptation percutante. Libres d’obéir révèle l’étonnante familiarité entre certaines pratiques du management moderne et la pensée nazie de l’organisation. Une réflexion aussi dérangeante que nécessaire.
Thématiques abordées
Ce que j’ai aimé dans Libres d’obéir la BD de Johann Chapoutot et Philippe Girard
La vie des SS après la guerre
C’est, honnêtement, le seul point que j’ai trouvé intéressant. La BD évoque comment certains anciens membres des SS ont réussi à se reconstruire une carrière après la guerre, malgré leur implication dans le régime nazi. C’est un sujet peu abordé, et qui mériterait clairement d’être davantage connu (mais ce n’est pas le sujet de cette BD).
Ce que j’ai moins aimé dans Libres d’obéir la BD de Johann Chapoutot et Philippe Girard
Un chaos visuel
C’est simple : la lecture est pénible. Entre les changements de typographies, les tailles de texte différentes, les mises en page qui changent constamment et des cases qui ne se lisent pas toujours dans le même sens… c’est un vrai casse-tête. On passe plus de temps à essayer de comprendre comment lire la page qu’à comprendre le fond.
Une adaptation trop proche de l’essai
La BD donne l’impression d’être un copié-collé de l’essai original, sans réel travail d’adaptation. Résultat : ce n’est pas plus accessible. Au contraire, cela reste dense, théorique et difficile à suivre.
Mais qu’en dirait un historien ?
Je me pose une vraie question : que penseraient les historiens de cette approche ? Associer directement le management moderne au nazisme me semble… discutable. Le taylorisme, par exemple, existait bien avant le régime nazi. Du coup, est-ce que le propos tient vraiment la route ? Ou est-ce qu’on force un parallèle pour provoquer ?
Une bonne idée… mais trop de raccourcis
L’idée de départ est intéressante. Mais pourquoi se focaliser uniquement sur le nazisme? Le livre aurait pu élargir la réflexion à d’autres systèmes de domination le capitalisme, les logiques de pouvoir et l’exploitation au travail. Non ?
Une BD qui ne vulgarise rien
C’est probablement le point le plus frustrant. La BD met en scène deux femmes, dont l’une en burn-out, censées servir de fil conducteur. Mais ce fil narratif est très peu exploité et c’est vraiment dommage ! Il y a peu de mise en contexte, peu d’exemples concrets, peu de liens avec notre quotidien. La BD ne simplifie pas les concepts, elle les laisse tels quels. J’aurais aimé plus de comparaisons avec le monde de l’entreprise actuel, plus de situations concrètes, plus de pédagogie. Là, on reste en surface !
Faut-il lire Libres d’obéir la BD de Johann Chapoutot et Philippe Girard ?
Non ! Si vous êtes intéressé par le sujet, autant lire directement l’essai de Johann Chapoutot. Cette adaptation en BD ne remplit pas sa promesse de vulgarisation et rend même la lecture plus difficile.
Une citation
– Comment un employé peut-il être heureux s’il sacrifie sa vie à son travail ?
La pleine conscience, c’est se tuer à l’ouvrage par loyauté envers la boîte ?
– Ma pauvre Florence…
Si ton gestionnaire adhère aux théories du management nazi, oui !
Ma note
Si vous avez aimé Libres d’obéir la BD de Johann Chapoutot et Philippe Girard, vous aimerez peut-être aussi
Difficile de recommander une BD similaire tant celle-ci m’a déçue. En revanche, si le sujet vous intéresse, je vous conseille plutôt de vous tourner vers des essais accessibles sur le monde du travail, le management ou les rapports de pouvoir. Ils demandent un peu plus d’effort… mais au moins, les promesses sont tenues.
Sur un tout autre sujet, je vous recommande toutes les BD de Liv Stromquist qui vulgarise des concepts complexes avec beauté, humour et intelligence comme dans la La Pythie vous parle.

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