Yellowface - Rebecca F. Kuang

Yellowface, Rebecca F Kuang : Mon avis sur une satire du monde de l’édition

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J’avais beaucoup (trop ?) entendu parler de Yellowface de Rebecca F Kuang avant de le lire. Présenté comme un thriller psychologique dans le monde de l’édition, le roman promettait une plongée dans les coulisses parfois sombres du milieu littéraire.

Verdict ? Niveau découverte de la face sombre du monde de l’édition, le livre tient clairement ses promesses. Entre scandales médiatiques, appropriation culturelle, jalousie entre auteurs et marketing éditorial, Yellowface dresse un portrait grinçant de l’industrie du livre. Mais est-ce vraiment un thriller ? Non !

Yellowface - Rebecca F. Kuang
Yellowface – Rebecca F. Kuang

Yellowface, Rebecca F Kuang – Résumé

“June Hayward et Athena Liu aspirent à de brillantes carrières littéraires. Athena jouit déjà d’une certaine notoriété lorsqu’elle meurt dans un étrange accident. Présente sur les lieux, June vole son dernier manuscrit, le corrige et l’envoie à son agent. Publié sous un faux nom, le roman devient un best-seller. Rattrapée par la vérité, la jeune femme voit son succès menacé.”

Thématiques abordées

Avis sur Yellowface de Rebecca F Kuang – Ce que j’ai aimé

Découverte et satire du monde de l’édition

Ce que j’ai trouvé le plus intéressant dans ce roman, c’est la manière dont il dévoile la face cachée du monde de l’édition. Rebecca F. Kuang aborde de nombreux sujets :

  • le racisme dans l’industrie du livre
  • la mise en avant stratégique des auteurs issus de la diversité
  • la précarité des écrivains
  • les scandales médiatiques qui peuvent détruire une carrière… ou au contraire faire vendre encore plus
  • le harcèlement sur les réseaux sociaux

Le roman montre aussi comment certains récits peuvent être utilisés comme produits marketing, parfois au détriment des auteurs eux-mêmes.

Les grandes angoisses des auteurs

Un autre aspect très réussi du roman concerne les peurs liées à l’écriture. Ça paraît logique, mais j’avoue n’y avoir jamais pensé !

Le livre parle de :

  • l’angoisse de la page blanche
  • la peur d’une mauvaise critique littéraire ou la peur d’un mauvais commentaire d’un inconnu sur un blog … 😉
  • la pression de devoir écrire toujours plus et toujours mieux
  • la peur d’être remplacé par un autre auteur plus jeune et plus talentueux
  • la nécessité d’écrire pour continuer à vivre financièrement
  • la nécessité d’écrire pour continuer d’exister !

On sent à quel point la carrière d’écrivain peut être fragile et émotionnellement instable. Le roman pose aussi une question essentielle : Qu’est-ce qui fait vraiment le succès d’un livre ?

  • Un bon auteur ?
  • Une bonne histoire ?
  • Ou simplement un bon marketing ?

Une citation du roman résume parfaitement cette idée :

À présent, je sais que les efforts de l’auteur n’ont rien à voir avec le succès du livre. Les best-sellers sont choisis. Rien de ce qu’on peut faire n’a d’importance. Il faut se contenter de profiter des avantages en cours de route.

L’appropriation politique ou médiatique

Le roman fait aussi écho à un phénomène très présent aujourd’hui : l’appropriation des scandales par les débats politiques ou médiatiques. Un scandale littéraire peut rapidement devenir un symbole ou un argument pour défendre une idéologie. Et paradoxalement, cela peut parfois servir les auteurs, même s’ils préfèrent ne pas l’admettre. Cette dimension rend le roman particulièrement intéressant à lire dans le contexte actuel.

La question de l’appropriation culturelle

L’un des thèmes centraux du livre concerne l’appropriation culturelle. Une question se pose alors : Une autrice blanche peut-elle écrire un récit centré sur une histoire qui n’est pas la sienne ? Mais la question inverse est tout aussi intéressante : Les auteurs issus de la diversité doivent-ils forcément écrire sur leur identité ou leur histoire ?

Une réflexion sur la morale

Le roman explore aussi des questions morales complexes :

  • la jalousie entre auteurs
  • la frontière entre le bien et le mal
  • la notion de victime

Au fil de l’histoire, une question revient constamment : Qui est réellement la victime dans cette histoire ? Athena… ou Juniper ? À vous de juger !

Une petite pique aux Français

Petit moment amusant du livre : une remarque sur les lecteurs français.

Les bonnes nouvelles continuent d’affluer. Brett m’envoie par e-mail des nouvelles des ventes de droits à l’étranger. On a négocié des contrats avec l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne et la Russie. Pas encore avec la France, mais on y travaille, me dit-il. Cela dit, personne ne se vend bien en France. Si les Français t’apprécient, tu sais que tu fais carrément fausse route.

Je ne sais pas exactement d’où vient cette réputation… 😂

Avis sur Yellowface de Rebecca F Kuang – Ce que j’ai moins aimé

Ce n’est pas un thriller !

C’est un bon roman, mais ma plus grande déception concerne la catégorisation du livre. Yellowface est souvent présenté comme un thriller psychologique. Mais honnêtement, je n’ai pas eu cette impression ! La tension de type thriller n’apparaît réellement que dans les vingt dernières pages. Pour moi, c’est beaucoup beaucoup trop tard pour justifier cette étiquette…

Des répétitions dans la narration

J’ai eu l’impression de lire quelques répétitions dans le récit. Certains éléments sont répétés d’un chapitre à l’autre, ce qui donne parfois l’impression que l’histoire tourne légèrement en rond. De plus, je me suis questionnée sur la structure des chapitres au cours de ma lecture. J’ai eu l’impression qu’à un chapitre correspond une critique précise du monde de l’édition. Un peu scolaire… Mais peut-être que je fais erreur !

Une citation

Je crois très dangereux de signifier à un auteur ce qu’il peut et ne peut pas écrire : c’est de la censure. […] je détesterais vivre dans un monde où l’on imposerait aux gens d’écrire ceci ou cela en raison de la couleur de leur peau. Retournez donc votre argument et voyez ce que ça donne. Est-ce qu’un auteur noir ne peut pas écrire un roman avec un protagoniste blanc ? Et que dire de tous les auteurs qui ont parlé de la Deuxième Guerre mondiale sans l’avoir vécue ? On peut critiquer un livre pour ses qualités littéraires et sa représentation de l’histoire – oui, bien sûr. Mais je ne vois aucune raison pour laquelle je ne devrais pas traiter ce sujet pour peu que j’accepte de faire le boulot.

Ma note

Note : 3 sur 5.

À lire aussi

Pour lire d’autres romans qui vous ferons découvrir le monde de l’édition, lisez les livres de Chloé Delaume avec Ils appellent ça l’amour et Le coeur synthétique.



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